La maison de la Béate

23 février, 2012

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Cet hiver 2012 nous nous aventurâmes en Haute Loire sur les hauteurs du Mont Mézenc. La station touristique des Estables nous a permis de pratiquer diverses activités familiales, luge, promenades en raquette, chiens de traîneau et ski pour débutants. Nous étions logés à quelques kilomètres du centre, au village de la Vacheresse, dans un chalet isolé avec tout le confort moderne… Nos hôtes ont su nous accueillir et nous conseiller pour circuler sur la neige et profiter des services et activités des environs. En bons touristes que nous sommes, nous avons feuilleté les prospectus laissés à disposition au chalet afin de connaître la région et ses coutumes, ses lieux emblématiques. C’est alors que nous avons appris l’existence d’une maison dans notre hameau, rénovée dans les années 90, à l’initiative de notre hôtesse, conseillère municipale. Cette demeure, datant du XIXème siècle, où logeait la béate, se compose d’un étage, avec au rez-de-chaussée son lit fermé et un autel en hommage à la Vierge Marie. Dans cette pièce, la béate, initiée par monsieur de curé, faisait le catéchisme aux enfants et les emmenait aux Estables, à une heure de marche à pieds, été comme hiver, pour assister à la messe…Le soir venu, cette demeure devenait l’assemblée des femmes, qui confectionnaient la célèbre dentelle des Estables, et devisaient en pantois. Elle aidait les femmes à accoucher, les assistait dans les tâches ménagères et l’éducation des enfants. En contre partie les villageois logeaient et nourrissaient la béate. On peut s’interroger sur l’origine du nom de cette femme, dont la vie était vouée à Dieu, à l’éducation religieuse des enfants et à la dentelle. Béate est d’abord un adjectif qui signifie ravie, enchantée, comblée ou encore réjouie. Il faut imaginer la béate heureuse, mettant tout son cœur à l’ouvrage.

Télévision

12 octobre, 2011

Ce week end est paru dans Le Monde un dossier sur la télévision comme posant un problème de « santé publique ». En effet les résultats de recherches faites aux Etats-unis et en Australie arrivent enfin en France, qui ne semble pas avoir les crédits pour cela. Ces travaux d’universitaires nous exposent les effets nocifs et délétères de la télévision, non seulement sur nos enfants mais sur les adultes également.
Concernant les enfants de moins de deux ans, inutile de dire que le petit écran devrait leur être interdit ; une éducation des parents semble nécessaire à ce niveau là. Retards de langage, retards dans l’apprentissage, troubles de l’attention et de la concentration, troubles neurologiques… attendent les plus petits.
Ensuite les chercheurs semblent d’accord pour dire que l’exposition à des contenus violents augmente le risque de comportements violents chez les enfants et adolescents en les désensibilisant à la violence.
De plus, en tant qu’activité sédentaire, la télévision prend la place d’une activité sportive, et génère de l’obésité, du diabète et des maladies cardio-vasculaires (mauvaises habitudes alimentaires).
En outre « chaque heure quotidienne de télévision entre 40 et 59 ans augmente de 30% la probabilité de développer la maladie d’Alzheimer » !!!!!!!!!!!!!!
Et pour finir, regarder cet écran 3 heures par jour pendant 20 ans nous ferait perdre une année d’espérance de vie…..

Mais me direz-vous, il n’y a pas que la télévision ; aujourd’hui d’autres écrans viennent s’ajouter à elle…Un américain passe 8 heures par jour devant un écran !!

C’est un problème mondial de santé publique, conclut l’article.

L’usage du corps

12 octobre, 2011

L'usage du corps

Que faire lorsque nous nous sentons dépassés par les événements? submergés par le travail? Les médisants diront noyés dans un verre d’eau? Les exercices physiques permettent de se dépenser autrement qu’intellectuellement, de rentrer chez soi épuisé mais d’une « bonne » fatigue physique. « Mens sana in corpore sano » disaient les romains. Mais que faut-il soigner en premier lieu, l’esprit ou le corps? Lorsque c’est l’esprit qui « chauffe », qui fonctionne à plein régime et refuse d’obéir…

La réflexologie plantaire, cela vous inspire-t-il? Méfiance dans un premier temps pour toute médecine parallèle et non conventionnelle, les charlatans sont d’excellents manipulateurs… Et pourtant, une petite séance de deux heures (!!!!) pendant laquelle vous mettez vos pieds entre les mains d’un spécialiste, vous garantit un bénéfique incommensurable !!!. Non seulement pour vos pieds, mais pour le corps tout entier et l’âme par la même occasion. Chaque cm de votre pied est lié à  un organe (coeur, foie, pancréas, intestins…), qui lui même renvoie à une affection. Ce même spécialiste pourra aussi réaliser votre chronobiologie chinoise, et vous expliquera que lorsque nous vivons à cent à l’heure, nous ne respectons pas le rythme naturel de notre corps, nous le mettons à rude épreuve et devons en assumer les conséquences, corps et âme.

De la même façon le yoga permet d’évacuer par le corps des soucis que pourrait avoir notre esprit ; à  travers différentes postures, l’objectif est de « séparer la conscience du mental », d’accéder à une forme de sérénité, de voir s’envoler vos pensées nocives comme un vol de papillons. L’origine du yoga est hindou et l’acupuncture, chinoise… Un petit retour aux philosophies d’Asie semblent parfois nécessaire, même si elles sont encore aujourd’hui considérées comme peu académiques. La vanités des européens a consisté à  dénigrer et ignorer pendant des siècles ces philosophies, qui ont pourtant beaucoup à nous apprendre en matière de bonheur. Comment être heureux dans un monde où la performance, l’efficacité, la concurrence sont des valeurs essentielles?

Etre une femme

1 mai, 2011

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Bien qu’Elisabeth Badinter soutienne qu’il est plus facile d’être une femme que d’être un homme, la condition de la femme a été réduite pendant des siècles à son rôle de mère et de femme au foyer. Il est vrai qu’un petit garçon se doit de devenir un homme, un vrai, selon l’injonction patriarcale et ancestrale, et ceci ne se fait pas sans douleur. Certains passent par des rites initiatiques extrêmement douloureux et avilissants, d’autres faute de rites, en sont réduits à obéir au stéréotype de l’homme viril, qui soumet les femmes, ne pleure pas, ne manifeste pas ses sentiments et réussit professionnellement… sous peine de n’être qu’une « femmelette » !!! C’est dans un livre publié dans les années 90, XY de l’identité masculine, qu’elle analyse les procédés d’identification propres aux hommes et tous les obstacles qui jalonnent ce processus. On les plaindrait presque ; pauvres hommes qui ne parvenez pas à vous séparer de maman, et à qui la société refuse votre part de féminité !!!!

Dans un livre plus récent, intitulé, Le conflit, la femme, la mère, elle met en évidence le changement culturel qui s’opère depuis les années 80 concernant la condition de la femme. Les mouvements féministes de l’après guerre revendiquaient l’égalité homme femme, l’insertion de celles-ci dans le marché du travail, bref leur émancipation ; non seulement des mères mais aussi et surtout des femmes qui maîtrisaient leur sexualité. De ces combats sortirent la pilule contraceptive et le droit à l’avortement. Mais des mouvements essentialistes et naturalistes virent le jour aux Etats-Unis, des mouvements qui réajustaient la définition de la femme autour de la fonction maternelle. N’ayant pu trouver sa place au sein du monde du travail et l’égalité avec les hommes restant une belle utopie, certaines femmes retrouvèrent dans la maternité et l’idée d’instinct maternel, l’essence de la femme, ce qui allait enfin lui donner un statut digne de ce nom. Ce mouvement essentialiste s’accorda parfaitement au courant naturaliste, favorable à l’allaitement et à la présence de la mère bienfaitrice auprès de ses enfants bien au-delà de l’âge de 3 ans…Ce n’est que dans ses fonctions maternantes que la femme-mère allait donner un sens à son existence ! et surtout pas dans une activité professionnelle qui l’obligerait à « abandonner » ses petits…ou comment faire culpabiliser la mère et expulser l’homme de la maison, une aubaine pour certains hommes hostiles à l’émancipation de leur épouse et aux tâches ménagères. Le retour aux bonnes vieilles valeurs ; la femme à l’éducation des enfants et à l’entretien du foyer, les hommes au travail. Elisabeth Badinter dénonce la propagande de la Leche League, une association conservatrice américaine qui défend farouchement l’allaitement maternel et le rapprochement mère-enfant, en des termes quasi religieux !!! La femme passe alors de la soumission aux hommes à la soumission aux désirs de ses enfants. L’auteur toujours favorable à notre émancipation et à notre liberté de choix (on ne nait pas femme, mais on le devient), récuse l’idée d’un instinct maternel qui imposerait à toute femme la maternité comme un passage obligé sous peine d’ostracisme social. La France propose aux femmes les moyens de faire garder leurs enfants et chiffres à l’appui, des moyens plus conséquents que dans d’autres pays européens. Certes la Scandinavie offre aux femmes des congés maternité à rallonge et très bien rémunérés mais cela ne favorise pas la natalité, natalité qui en France est supérieure à tous les autres pays européens… Aujourd’hui la femme est partagée entre la mère qui doit se sacrifier pour ses enfants et la femme qui a de l’ambition professionnelle, une femme qui refuse d’abdiquer sa liberté et de réprimer certains de ses désirs. Certaines ont pu concilier les deux ; certaines font aussi le choix d’une vie sans enfant, pour un hédonisme libertaire, mais sont encore les proies des railleries de la société. Un livre intéressant qui a le mérite de poser les problèmes des femmes confrontées à l’idéologie du retour à la nature…

Le cygne noir

27 février, 2011

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Le monde de la danse classique est une monde sans pitié où les danseuses sont mises à la retraite dès la trentaine. De nouvelles recrues prennent la place pour le meilleur et pour le pire, la danse classique imposant une hygiène de vie et un régime ascétiques. En effet il s’agit bien de privations et de mortifications que l’actrice Nathalie Portman, jouant le rôle de la danseuse étoile, fait subir à son corps et à son existence. Une vie spartiate entièrement vouée à la danse, où le corps est mutilé, mortifié afin de se plier aux exigences physiques et psychologiques du cygne noir…Black swan de Daren Aronovsky, est un film sur la schizophrénie, la danse classique et sa discipline destructrice ou révélatrice. Nathalie Portman, dans le rôle principal, incarne la danseuse choisie par le chorégraphe (V. Cassel) pour le Lac des Cygnes, un cygne qui de blanc devient noir. L’innocence et la candeur de cette jeune femme enfermée dans l’enfance par une mère possessive, castratrice et culpabilisatrice, doivent laisser place à une femme qui affirme sa sexualité et qui s’affirme en tant que femme et non plus une femme-enfant. Mais pour être enfin soi-même encore faut-il ne faire qu’un avec soi-même ; or Nathalie Portman souffre de schizophrénie, se dédouble sans cesse, croit avoir une existence qui n’est que fantasmée et en tant que spectateur, il est bien difficile de faire immédiatement la différence entre les scènes réelles et les scènes fantasmées…Finalement, la métamorphose a lieu, le cygne blanc se transforme en cygne noir, la femme-enfant se réalise enfin, mais l’identification de la danseuse à son rôle sera-t-elle destructrice ou révélatrice ??? Le cygne noir accepte-t-il ce qu’il devient??
Un film à voir et revoir peut être !

Croire encore

19 décembre, 2010

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Un petit film français, Le nom des gens, nous a fait passer un excellent moment de détente. Avec Jacques Gamblin, dans le rôle d’un jospiniste (oui, oui, un partisan de Lionel Jospin, cela existe encore) et une jeune actrice, Sarah Forestier, fille d’une bourgeoise anti-militariste, écolo et d’un immigré algérien. Totalement extravertie, Bahia Ben Mahmoud, use de ses charmes pour convertir à un gauchisme caricatural, des mecs de droite. Un ancien militant UMP devient ainsi, éleveur de chèvres dans le Larzac… Caricatural, vous ai-je dit !!! Les gens de gauche sont nécessairement tolérants, écologistes, humanistes…ceux de droite, étroits d’esprit, xénophobes, sectaires, misogynes… Quant à Arthur Martin (Gamblin), comme son nom ne l’indique pas, ses grands parents ont été déportés à Auschwitz et son métier est d’autopsier des oiseaux morts… Chacun avec le poids de son passé et leur malaise présent devra accomplir son destin et comprendre que la vie est au-delà du bien et du mal. Un film qui donne à réfléchir mais qui prête beaucoup à rire.

potiron

25 octobre, 2010

potiron dans Gourmandise Soupe_au_potiron
Avant Halloween, une recette facile de cake sucré au potiron et aux épices, qui ravira petits et grands :

100g de sucre
200g de farine
100g de beurre
cannelle, gingembre et muscade, selon votre goût
3 oeufs
1/2 sachet de levure
400g de potiron cru coupé en petits cubes

A cuire dans un moule à cake, four 160° entre 45 et 50mn.

lien social

24 octobre, 2010

lien social dans Social

Participer à une soirée au fin fond de la Loire sur le thème du lien social, cela viendrait-il à l’idée du paysan du coin ??? Malheureusement pas et c’est la raison d’être de cette nouvelle association (La grange à liens) qui se donne comme objectif de resserrer les liens intergénérationnels entre urbains, nouveaux arrivants et gens du coins, les étrangers et les vrais de vrais.

On peut discuter toute une soirée pour se demander quels liens recherchent les nouveaux arrivants, mais finalement quelques soient les liens, affectifs, sociaux, amicaux, il faut en tisser. Cet impératif semble un peu catégorique, dans la mesure où certes les étrangers souhaitent être intégrés mais qu’en est-il des gens du cru ???? Papi et mamie veulent peut-être profiter tranquillement de cette retraite tant méritée… et ne pas être dérangés par des bambins qui hurlent dans tous les coins !! Certes un peu de solidarité serait la bienvenue dans notre société individualiste où chacun d’entre nous est réduit à un objet de consommation, consommé et consommant. L’avantage est que cette association siège dans une ferme, ce qui peut constituer un attrait…. Ne les prenons pas pour des idiots que l’on appâte aisément. Rester entre soi est le maître mot en cette période de crise économique et politique et surtout pas s’ouvrir aux autres et risquer d’y perdre son identité ou son âme….

L’autre objectif est le développement local, celui de l’agriculture raisonnée qui peut permettre la réalisation du premier objectif ; aller chercher ses produits à la ferme, c’est rencontrer le fermier et la fermière…. Que c’est beau, plein de bons sentiments et de bons petits plats !!!! Est-ce réaliste ??? Il faut y croire. L’araignée tisse sa toile en quelques heures mais nous êtres humains qui gesticulons depuis la nuit des temps nous sommes incapables de nous parler, de nous comprendre. Les nouvelles technologies ont permis la démocratisation du savoir, la communication intersidérale mais pas de solidarité entre deux pauvres types qui habitent le même village….Si papi se décide pour les samedis après-midi, il faudra ensuite lui consacrer tous les samedis après-midi et l’écouter raconter ses histoires, chanter ses chansons ; ce n’est pas réjouissant… et c’est très artificiel.

Il a manqué le boudin, le boeuf musical et la soirée folk….. et puis nous ne sommes pas du canton, nous a-t-on fait remarqué….Bully c’est loin, très loin, même pas dans la Loire. « T’es pas de ma bande, casse toi tu pues et marche à l’ombre », chantait Renaud dans les années 80.

Parler

14 août, 2010

Je suis dans un bouquin écrit par un linguiste qui a beaucoup publié sur l’école et ses objectifs : Bentolila. Il affirme qu’il faut apprendre à parler à nos enfants, pas besoin d’être prof à l’université pour penser cela…. Seulement voilà, beaucoup de parents considèrent qu’avant trois ans, un enfant est un tube digestif et qu’il suffit de lui parler comme à une petite chose qui ne comprend rien. Ils utilisent alors des mots enfantins, un babille que l’on réserve aux bébés tel que dodo, bobo, miam miam, etc… A trois ans l’enfant parle comme ses parents alors qu’il est capable de bien mieux. Il faut cesser de considérer les petits comme des idiots qui ne comprennent rien ; c’est à cet âge-là qu’ils apprennent à parler et cela dépend de comment leurs parents leur parlent. Et par conséquent, c’est à cet âge-là que se créent les premières inégalités.
Ensuite, Bentolila rappelle l’importance de la langue maternelle dans le passage à l’écriture ; ceux qui apprendront le plus facilement à écrire sont ceux qui maîtrisent le mieux leur langue maternelle et qui possèdent un vocabulaire assez diversifié… D’où les inégalités encore plus criantes entre ceux qui parlent bien le français et ceux qui n’ont pas cette langue comme langue maternelle : une langue qui n’est pas parlée à la maison sera très difficilement écrite à l’école et ce déficit n’aidera pas à l’intégration.
En effet, il rappelle que la maîtrise de la langue française et d’un vocabulaire assez étendu creusent les inégalités au quotidien. Il y a ceux qui savent parler et écrire le français et ceux qui ne savent pas. N’oublions pas que déjà à l’époque de la Grèce antique, Socrate et les sophistes maîtrisaient parfaitement l’art oratoire qu’est la rhétorique et cela leur conférait un immense pouvoir sur les foules et sur la jeunesse. Un beau discours permet à celui qui le tient de manipuler à loisir son interlocuteur…. Ce que savent faire à merveille nos hommes politiques !!
Enfin cela me semble essentiel de rappeler avec Bentolila que le langage est un rempart contre la violence ; « la langue est faite pour parler avec ceux que l’on n’aiment pas ». Celui qui ne trouve pas les mots pour dire sa colère ou sa haine en vient aux mains. Les mots peuvent certes être blessants et entraîner la violence, mais les mots, pour celui qui les maîtrisent, confèrent un pouvoir sur les autres et sur le monde. Celui qui parle détient pouvoir et puissance, capacité à se faire obéir et capacité à produire des effets. Celui qui parle avec l’étranger lui assure respect et considération, l’invite dans un dialogue où chacun aura à apprendre de l’autre. C’est le logos qui mène à la vérité.
Parler n’est pas un acte dénué de sens, parler c’est être humain et faire partager son humanité.

Les humanités

12 août, 2010

Un titre désuet me direz-vous. Mais aussi une éducation dépassée. Tel est le propos d’une intellectuelle américaine Martha Nussbaum qui écrit dans le Times et déplore cette quasi disparition. Le capitalisme préfère aux humanités une éducation à but lucratif car il faut que cela rapporte, il faut que cela soit utile. Et quoi de plus inutile que les arts, la littérature (la Princesse de Clèves….), l’histoire, la philosophie et les langues étrangères ? Elle explique que ce qui fait de nous des êtres humains, c’est la faculté de penser et l’imagination, mais aussi le respect et la capacité à se mettre à la place d’autrui. L’école est sensée faire de nous des citoyens responsables, dotés d’un esprit critique et d’une liberté de penser. Mais le capitalisme préfère produire des machines utiles, obéissantes et travailleuses et en cela il ruine également les principes de la démocratie. Un tel régime politique repose sur la liberté et l’égalité, or la croissance économique se fait toujours au profit de certains et au détriment des autres, autres qui doivent s’abstenir de réfléchir et travailler docilement… Que le capitalisme croît sur la persistance des inégalités, nous l’avions compris, mais il est bon de dire ouvertement que capitalisme et démocratie ne sont pas conciliables. Quelques lignes sont consacrées à Socrate qui proposait à Athènes un enseignement atypique, consistant à éveiller les esprit à l’argumentation, à la réflexion, et à la vérité. Socrate se présente comme un taon qui pique un cheval de bonne race, mais cette piqûre n’est pas du goût de tous et Socrate sera condamné à mort par les athéniens. Martha évoque également le jeu comme capacité à éveiller l’imagination mais aussi l’empathie…. Quoi de plus inutile que le jeu dans notre société qui ne sponsorise que le travail (famille, patrie??) !!! Il est par ailleurs très étonnant que la philosophie ait survécu à l’ère de notre Duce bien aimé.

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